NOUVEL AN - SUITE ET FIN
Nous sommes en train de danser. Tout va bien.
Au fond quand on y pense, nous sommes des privilègiés. Nous sommes en un endroit idyllique, avec un temps idyllique. Un feu d'artifice parfait. Une soirée parfaite. En plus, j'ai la chance de rencontrer un couple très sympa avec qui nous faisons la causette. Je flashe sur elle, elle porte le même prénom qu'une très bonne amie de ma soeur cadette, et qui vit sur le même continent (Argentine).
Je rigole, je danse. Je change de paires de chaussures constamment parce que j'ai mal aux pieds, mais en même temps je n'arrive pas à danser en plat lol. C'est parfait. Roberto ne cesse de se faire brancher par tous les gays du coin. Aucun n'est à son goût. Jules pareil. Lui c'est plus "violent" il me présente comme se femme et ça règle la chose en deux temps trois mouvements.
Il est environ quatre heures. Il fait soif, mais comme nous l'avons décidé auparavant, nous nous la faisons soft... Pas d'abus. Les verres sont trop "pleins" d'alcool. J'ai soif, Jules également. Il part nous chercher des cocas. Pour finir la soirée en beauté. Ou plutôt, pour la finir le plus tard possible.
En l'attendant, je danse, je fais connaissance avec de nouvelles personnes (les chaussures, bonne entrée en matière hihi), à ces nouvelles personnes je leurs dis que mon mari va arriver et que je me tarde de leur présenter. Mais Jules tarde.
Les filles commencent à croire que je mens et que je ne veux que leur piquer leur mec (ce que je comprends aisément). Séance d'au revoir assez poli, mais définitif. (dommage, mais je comprends).
Je fais connaissance avec des nouvelles personnes en me disant que Jules en met du temps. Pas d'inquiètude, il a du aller aux toilettes avant de prendre les cocas. Je fume un xxx, le premier depuis des lustres et... coup de tel (le réseau est enfin revenu!).
Roberto : Jules est à l'hopital, il faut qu'on le rejoigne.
Coup sur coup je reçois un coup de tel de Jules qui confirme.
Mes nouveaux potes aux oubliettes, je dis au revoir à mon couple fétiche complètement catastrophée. Certains mauvais souvenirs me reviennent en mémoire... mauvais signe.
Roberto m'explique la situation : Il y a eu une bagarre entre Jules et un gars. Jules est ratatiné, l'ambulance l'a amené à l'hopital.
Taxi pour l'hôpital public.
Nous arrivons, Roberto essaie de leur dire pourquoi nous sommes là. Je ne comprends rien au Chilien, je suis trop en stress. Je commence à m'énerver, à parler fort, ce qui ne se fait pas (évidemment tout le monde, et il y a du monde, me regarde bizarrement. Je m'en fous, je veux voir mon mari et savoir ce qu'il s'est passé. Surtout, je veux savoir comment il va). Et pour une raison qui m'echappe, ils ne laissent entrer que Roberto. La femme ici ? Ils s'en foutent !!!
Je me résigne, j'en ai marre. Je vais pour me fumer une clope et voilà que je vois mon mari et Roberto sortir des urgences. Jules a la tête d'Elephant man, il saigne, et il a des bosses.
Je ne pose pas de questions c'est pas le moment, nous cherchons un taxi pour une clinique, parce que à l'hôpital, mon Jules n'a pas été soigné. C'est à peine si il a eu un glaçon pour "côtériser" (ortho ???) les plaies, et puis il paraît que c'était loin de respecter les mesures d'hygiène.
Heureusement, j'ai une petite robe sympa et je porte mes talons qui fait s'arrêter le premier, sans doute le seul, taxi de la ville. 10 000 pesos ou il nous laisse sur le trottoir. Tu crois que je réponds quoi ? C'est du vol à l'arraché mais je prends, personne ne sait ce qu'a Jules, il faut filer dans une clinique. Mais le taxi, comme une grande partie des taxis que j'ai rencontrés au Chili, ne connait pas la "route" pour aller à la clinique la plus proche (et je paie ça 10 000 pesos ?), il me propose de chercher dans la ville (que nous ne connaissons pas) et de voir ce qu'il se passe.
Oui ok, mais qu'est ce qu'on fait de Jules qui pisse le sang ?
Heureusement ! J'ai un pote (le fils de Marina) qui est dans les parages et qui connaît bien les parages... Il me conseille un truc hors de la ville. Le taxi dit ok, mais c'est 15 000. Je ne regarde pas à la dépense. Je prends. Je suis dég, mais je prends. Lui au moins aura gagné sa soirée !
Nous arrivons aux urgences. Jules est tout de suite pris en charge. Jules prend ça à la rigolade comme il sait bien le faire tandis que moi je ne desserre pas les dents.
Jules me raconte son anecdote. Tout simplement, un type veut lui piquer son tour et voyant qu'il ne réussit pas, dit des trucs pas sympas que Jules ignore.
Une fois, deux fois. Jules se retourne pour lui dire de cesser, le type ne comprend ou ne veut pas comprendre. A la troisième Jules le pousse et lui dit "c'est bon maintenant, ça suffit tes conneries" il n'a pas le temps de finir sa phrase qu'il se prend un gnon dans la figure, deux gars le retiennent, l'autre s'acharne, Roberto intervient pour le retenir, Jules essaie de frapper le gars et c'est Roberto qui se prend le coup de poing dans la figure.
Comment l'autre gars s'est enfuit, je ne sais pas. Pourquoi deux gars l'ont retenu, je ne saurais jamais. Et que faisait la police ??? Encore une autre question en suspens.
Résultat ? 7 points de suture (le gars devait avoir une bague ou quelque chose comme ça), des yeux de "mapuche" (raton laveur), et dix jours d'arrêt.
La secrétaire est éffarante d'incompétence : Roberto veut payer avec un des chèques qu'il a reçu récemment mais ce n'est pas possible parce que pour sa comptabilité c'est dérangeant.
Ce qui est dérangeant, c'est que nos moyens de paiement sont à l'hostal, parce que nous n'avions pas prévu de telles dépenses et que c'est Roberto qui doit payer pour nous. Bref...
Le fils de Marina vient nous chercher, heureusement parce que dans le trou perdu oú nous sommes, il n'y a pas de taxi, même pas en service commandé.
Nous rentrons à l'hostal.
Il est six heures du matin.
Nous avons tenu toute la soirée. Bien tard. Mais pas tout à fait comme nous le souhaitions !

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