FLEUR DE PERLES

Une "parisienne" au Chili

10 janvier 2007

COURS DE CONVERSATIONS

Aujourd'hui j'ai eu mon premier cours de conversation.

Cours de conversations : Deux personnes qui parlent deux langues mininum, plus ou moins bien un langue et maîtrisent parfaitement leur langue maternelle, qui souhaitent partager leur savoir avec leur opposé.

Je ne pense pas que ce soit vraiment explicite.
Par exemple, je parle à peine espagnol et je maîtrise le français, je parle avec une personne qui parle parfaitement l'espagnol et qui souhaite perfectionner son français. Je pense que c'est plus explicite ainsi.
lol

C'est ma "boss" qui organisait ces cours et je trouve qu'elle a eu une bonne idée, parce que c'était vraiment bien.
J'ai toujours bien aimé cette histoire de partage de savoir et il s'avère que l'on peut rencontrer des personnes interessantes.

Nous devions être une vingtaine. Un succès quand on pense que la plupart des gens sont en vacances.
Pour moi, ça c'est goupillé de façon assez étrange parce qu'à la fin nous étions quatre au lieu de deux, Ximena, Luis, David et moi, trois chiliens et moi la seule française, les trois corrigeaient mon espagnol, puis j'ai corrigé leur français. Il n'y avait pas de sujet pré-determiné, on passait du coq à l'âne, on se racontait nos vies, nos visions, tout. C'est fou ce qu'on peut se raconter sans que ce soit vraiment personnel.
J'étais vraiment contente parce que j'ai rencontré des personnes de tout âge et de tout milieu souciaux.
Et surtout j'ai rencontré un chilien et une française qui vivent ensemble et qui n'ont pas du tout le même niveau de vie que moi. Et c'était un véritable plaisir. J'ai commencé à accroché quand lui m'a dit "tu connais le vrai chili ?" Certes non. Je connais "Las condes" le quartier des affaires et "Vitacura" les beaux quartiers (comme si je connaissais de Paris la défense et le 16ème en partant de l'avenue montaigne), mais le vrai Chili ou le Chili d'en bas comme diraient certains.... non.

Du coup, c'est parti pour une visite guidée dimanche prochain...
C'est ce qu'il me fallait.

Je savais que j'avais raison d'aller à ce cours de conversation. Je ne me doutais pas que j'avais cette petite surprise derrière... et j'en suis ravie. Je ne sais pas si ça va changer ma vie, mais je sais que je vais enfin voir et vivre autre chose.
hihihihihi

:))))

COUP DE GUEULE

On m'a toujours dit que les français étaient incapables, incorrects, irrespecteux, chauvins et tout le bazar qui va avec... Par dessus le marché, ils se comporteraient à l'étranger comme des conquérants, des anciens colonisateurs. Tout ça sans compter leur avarice.

Lorsque je suis arrivée au Chili, j'avais tout ça en tête, et certains nous ont bien fait comprendre que l'image du français dans ce pays était vraiment pitoyable, et que nous avions une certaine réputation. Certainement pas la meilleure.
Déjà que je culpabilisais d'avoir un niveau de vie nettement au dessus de la moyenne, quand j'ai compris tout ça, j'ai tout fait pour me faire la plus petite possible, la plus invisible (compliqué, je sais, en d'autres termes, celle qui ne fait pas de vague, qui est sympa qui a toujours son large sourire et qui laisse des pourboirs généreux. J'ai appris les rudiments de la langue, quelques idiomes, et j'ai cherché à avoir l'accent chilien, surtout pas castillan, ça n'a pas forcément marché, mais j'ai essayé ;). Je voulais être chilienne, m'intégrer.
Peine perdue !
Les coutumes chiliennes ont tout pour me déconcerter, et ce n'est pas parce que je viens d'un pays du vieux continent et que je me sens supérieure, non c'est tout simplement parce qu'on n'a pas la même éducation, les différences de comportement en sont d'autant plus choquantes.
Jusqu'alors, je vivais dans les quartiers d'affaires ou pas très loin, le gens sont plus ou moins habitués à avoir des clients, des voisins, des connaissances, des interlocuteurs internationaux, les relations sont relativement semblables à ce que je connaissais. Lorsque quelqu'un est impoli ou irrespectueux, c'est anecdotique.
Sauf que Jules et moi venons d'acheter un appartement dans les beaux quartiers, nous n'y vivons pas encore parce que nous faisons quelques travaux de rafraîchissement, mais nous y sommes souvent.
Je vais faire les courses dans les magasins du coin, il y a ceux qui sentent le fric et qui se forcent à être agréables ou qui le sont naturellement (à la rigeur je suis à un point oú je m'en fous!) et puis il y a les autres.
Hier, c'était ma journée!!!
Je suis allée faire les courses dans le supermarché du coin, j'avais besoin d'eau parce que travailler sous 30º C sans eau fraîche, c'est de la folie pure, un sceau, des éponges, des produits pour laver l'appartement avant de peindre. Bref... rien que de plus naturel me direz vous.
Sauf que lorsque je vais pour prendre l'eau fraîche, deux magasiniers qui attendaient de passer avec leur gros charriot, et le couloir était trop étroit pour que je puisse ouvrir la porte du truc à eau fraîche et pour qu'ils puissent passer en même temps. Alors comme ma mère m'a bien élevée, j'ai fermé la porte du truc et je les ai laissé passer.
Aucun des deux ne m'a regardé ou ne m'a remercié. Pourtant c'est pas grand chose ! Un regard! Un petit merci du bout des lèvres! Mais non, ils ont continué leur route la tête haute comme
des paons, fiers et méprisants.
Sincèrement, je n'étais déjà pas de bonne humeur, lá, la mauvaise humeur commençait à faire son chemin.
Lorsque je suis arrivée à la caisse, j'ai posé mes produits et j'ai attentu poliment. La caissière m'a agressée en me demandant si je n'avais pas la carte du magasin. Le sang bouillait déjà dans mon corps. Je lui ai répondu avec un ¡Hola Buenas Tardes! d'usage et de politesse. Elle m'a regardé avec ses yeux rond d'incompréhension et attendait bêtement que je réponde à sa question de merde. J'aurais voulu la gifler. Finalement je me suis résignée et j'ai répondu à sa question "non, je n'ai pas la carte" (en espagnol évidemment, en anglais ou en français ça aurait été la curie.) Elle a passé mes articles, ça elle savait faire! et m'a marmoné le total en attendant que je sorte l'argent, avachie sur sa chaise. Tout ça sans me regarder. Comportement très "qualité" !
Bref, enervée au possible, je lui ai donné l'argent, et j'ai attendu qu'elle daigne me rendre la monnaie. Parce que je suis très polie et que je ne peux pas chasser le naturel, j'ai quand même dit merci. Et elle, elle s'est cassée, comme si je n'avais jamais existée. J'ai crié (sans le faire exprès) "de nada". Mais ça n'a évidemment interpelé personne !
Au tabac, du même magasin, pas bonjour, pas merci, on m'a regardée comme si je venais de la planète mars.
Je suis rentrée à l'appartement d'une humeur massacrante. "les chiliens sont des malautrus", je ne cessais de répéter.
"On dit des français qu'ils sont si ou ça, mais sincèrement les chiliens ne sont pas mieux! Je n'ai jamais vu autant de manque de respect et d'impolitesse dans chez un français, les français sont certes des être particuliers, mais je suis certaine que si on faisait un concours les chiliens remporteraient la palme!"
Et c'est vrai, je le pense vraiment.
C'est sans doute chauvin, extrémiste, mais je le pense vraiment.
Le soir, je suis allée au sport pour décompressée, en passant, je suis allée à la poste, il y a un cordon pour que les gens puissent faire la queue, et il y en a quand même un qui réussit à passer devant tout le monde avec tout le mépris et le sans gène qui s'impose. Je ne trouvais pas les mots pour lui dire ma façon de penser, heureusement, un gentil monsieur l'a fait à ma place, mais le connard n'est pas retourné au bout de la file, non il persistait qu'il était dans son droit.
Je suis sortie de là et j'ai appelé une copine pour crier toute ma rage....
Là tout m'est revenu;
Depuis que je suis arrivée, en fait j'ai noté ça et là quelques manques d'éducation, quelques impolitesses à droite à gauche, rien de bien méchant quand on y pense, mais des petits trucs qui finissent pas être énervants, des trucs exaspérant à force, à savoir, quand on rentre dans un magasin et qu'il n'y a pas de queue, il faut s'imposer, "moi d'abord", il n'y a pas de sens commun où chacun s'accorde à dire c'est toi et toi avant moi, puis moi puis toi. Non, c'est moi d'abord, je grille tout le monde et tant pis si toi t'attends depuis vingt minutes. La première fois c'est surprenant. Je n'arrive toujours pas à m'y faire. Je commence, cependant, à me battre, sinon la couillonne c'est moi. Et la couillonne de temps en temps elle en a marre.
Les caisses Zara au Chili c'est comme les Zara en France et partout dans le monde je suppose.... plusieurs caisses distinctes, pas moyens de se tromper. Et pourtant au Chili, il y a un "tas" devant les caisses, chacun s'agglutine devant et prétend être le premier (le fameux "moi" d'abord) à devoir être servi. Incroyable ! La dernière fois, Jules et moi avons failli nous prendre la tête avec une fille parce qu'elle voulait être servie avant nous alors qu'elle était arrivée après nous. Le caissier (qui ne devait pas être chilien) a d'abrod était surpris par sa mauvaise fois, et il lui a bien fait comprendre que ce n'était pas son tour qu'elle devait attendre comme tout le monde. Elle a fait un scandale !
Aux essayages, pareil, pas de queue, donc si tu ne t'imposes pas, les gens passent devant toi sans vergogne, et pareil la dernière fois, j'ai été obligée de faire ma loi, parce qu'il y avait plus de gens qui attendaient que de cabines de libres, j'ai dit à la fille des cabines de faire son job, et j'ai du bloquer le passage pour que les autres filles qui voulaient essayer leurs frusques ne me passent pas devant!
Le pire pour moi c'est le métro. Les gens ne savent pas ce que c'est qu'un métro blindé. La ligne 13 à 8 heures du matin pour aller au boulot, c'est certaiment un truc qui les dépasse, parce que le métro du Chili est fluide, pas trop de monde, voire pas de monde du tout en caparaison des métros aux heures de pointes à Paris. Et pourtant, le comportement des chiliens dans le métro est aussi sauvage que le comportement des parisiens qui prennent la ligne 13 ! Quelle que soit l'heure, la station, tu as intérêt à te battre pour sortir du wagon. Les portes s'ouvrent, les gens montent dans la rame. Que tu veuilles descendre, c'est le cadet de leur soucis, comme si ils avaient peur que la rame partent sans eux. Or ici, je vous le dis ! il y a moins de gens qui prennent le métro et le temps d'attente dans chaque station est relativement supérieure à celui de Paris, et pourtant... les gens s'engouffrent. Non chalamant et irrespectueusement.
Sur certaines rames il est pourtant écrit " laissez descendre avant de monter". Ils n'en ont rien à faire.
J'ai renoncé au métro.
On dit que le Français ne sait parler qu'une langue et qu'avec les anglais et les américains, ils sont les seuls à être monolingue. Eh bien! grande nouvelle... c'est pareil pour le chilien. non seulement, même dans les quartiers d'affaires, ils ne parlent pas plusieurs langues, mais en plus quand tu leur demandes de répéter parce que tu n'as pas compris, ils te répètent la phrase à la même vitesse, ce qui signifie, très très vite, en avalant la motiés des mots, et ! en ayant l'air saoûlés parce que tu les fais répéter et fais perdre leur temps... Evidemment ce n'est pas avec mon espagnol rudimentaire que je vais pousser ma gueulante. Pour l'instant je ne dis rien et je souffre.
J'en ai parlé avec ma prof d'espagnol (chilienne) et une amie chilienne, elles ont le même verdict, c'est tout simplement un manque d'éducation généralisé. Le chilien est comme ça. Et plus il est riche, plus il est comme ça. "moi d'abord". Et personne ne fait rien.
Effrayant.
Du coup tout se recoupe. Agressivité au volant (les klaxons à tort et à travers, quelque soit l'heure), au volant toujours, se mettre sur la file de gauche alors qu'on est à 80, les queues de poissons à tort et à travers (les filles sont encore pire que les garçons contrairement à ce qu'on peu penser !), les enfants qui sont devant sans ceintures, sans siège (illégal ça aussi), les caisses de moins de dix articles qui sont remplies de caddie de plus de dix (la caissière n'ose pas râler de peur de faire un scandal, et le magasin ne peut pas se le permettre), le plus drôle, parce que ça peut être drôle, au rayon peintures, celui oú l'on fait des peintures sur commande, il y a un panneau qui précises que c'est peintures ne sont ni échangeables, ni remboursables et en bas à droite il est précisé " pas la pein d'insister", c'est pour dire. Surtout que lorsque le chilien, il insiste vraiment, nous petit français de très mauvaise fois, nous faisons office de petits joueurs à côté. Et je ne vous parle pas des sociétés de services soit disant, dont le service est plus que médiocre (j'en ai encore des belles, mais elle ne rivalisent pas avec la médiocrité du service publique en France.... quoique). Les voisins qui ne baissent pas le son de la télé après une certaine heure, de leur autoradio quand ils arrivent en ville, et une copine qui (le bébé dans les bras) râle quand elle va voir deux bonnes femmes qui manquent de l'ecraser à qui on répond "mais de quel pays sous développé tu viens !"
Si si c'est vrai. Je ne peux pas inventer ça.

Tout ça pour dire que oui les français sont ceci cela, et je ne vais pas les féliciter; mais les chiliens sont des malautrus de premier ordre. Je suis allée dans plusieurs région de France, je fais plusieurs pays, je n'ai jamais vu ça.
Et est-ce que je dois vous raconter la cerise sur la gâteau ?
C'est différent et pourtant c'est pareil.
Explications de début d'abord.
Il faut savoir qu'ici je suis sexy "as ever", parfois j'ai l'impresion que M. Monroe à côté c'est de la gnognote (je ne sais plus si j'ai déjà raconté cela, enfin bref...)
J'en ai parlé à Jules un soir parce que je n'en pouvais plus, toute la journée j'avais eu les klaxons, les appels de phares, sans parler des mecs qui font dévier leur chemin pour te murmurer je ne sais quoi (des saloperies sans doute) le temps de croiser ta route.
Bref, il m'a demandé comment j'étais habillé, je lui explique (ce ne devait pas être quelque chose de grandiose : Jean, chaussures à talons ou peut être sandales, mais peu importe, T shirt blanc... Trop sexy!!!!! surtout sur moi qui a juste dix kg de trop. Bref) Jules me demande : " tu avais un soutient gorge ?" pardon ?
Bien évidemment je n'avais pas de soutient gorge ! J'avais pas envie de porter mon soutient gorge sans bretelle, et avec soutient gorge, ça faisait trop... cheap ? moche ? out ? Je ne sais pas... Bref, moi je ne fais pas.
ERREUR!!!
Au Chili, on porte le soutient gorge. Même avec un superbe dos nu (je comprends alors la réaction des hommes lorsque j'ai porté mon dos nu, comme on porte un vrai dos nu... ils étaient en transe. Pitoyable. rebref!), quoiqu'il arrive une fille porte son soutient gorge, vieux usé, fatigué si nécessaire, mais tu portes ton soutient gorge.
Tu peux imaginer la révolution que je fais sans le machin.
Ça c'était le petit rappel.
J'ai compris la leçon, quand je suis fatiguée et que je ne veux pas qu'on me fasse chier, je porte mon soutient gorge en dessous de mon t shirt qui me fait de si jolies épaules et puis on n'en parle plus.
Sauf que l'autre jour, la veille de mes semi accrochages avec la caissière et je ne sais plus qui, je vais au sport. Je décide d'y aller à pieds et pas en taxi parce que j'ai le temps et il fait beau. Re erreur.
Pas de klaxons et pas d'appel de phares : j'avais mis une tenue de sport et un soutient gorge bien visible.
J'ai pas fait 500 mètres qu'un bonhomme m'accoste. Il me parle dans un chiliens que je ne comprends pas... et pourtant, je commence à bien comprendre la chilien. Je laisse courir. Je l'ignore. A Paris (à ma grande époque, si l'on peut dire lol), j'en ai eu de pires, ils se sont lassés avant moi. Sauf que lui ne se lasse pas. Il ne cesse de me murmurer des trucs que je ne comprends pas, mais que je devine salaces, il fait des petits sifflotements désagréables voire obscènes. Je me dis qu'à un moment il va bien cesser. J'ai quand même vaincus des hommes aux abords plus dangereux ! Mais non, il ne s'arrête pas.
Ca dure au moins 1 km! Un km dans ces conditions, je peux te dire que c'est super long! Je n'en peux plus, je boue intérieurement, mais je me dis bêtement que si je réagis, on va encore penser " Ah ! ces étrangers", alors je ronge mon frein.
Il continue.
Il continue.
Il continue.
Je n'en peux plus... Il a dépasser mes limites. À un moment je croise son regard et lui fais un doigt d'honneur. Certes... pas très élégant. La seule réponse cela dit qui soit internationale (je commence réellement à apprendre les insultes en espagnole et quelques phrases sanglantes)
Là, il a compris. Il se casse. Enfin.
Tout est revenu dans l'ordre. Sauf que je sens encore une présence derrière moi. je ne me retourne pas. J'en ai assez.
J'arrive à un feu... Un autre mec m'adresse la parole (je ne saurais jamais si c'était pour approuver ma conduite ou pour me draguer). Il me dit "Oh la la, j'ai vu le monsieur, quelle insolence ! Vraiment quelle insolence...." Ben tu ne pouvais pa m'aider au lieu de voir la chose de loin et ne rien dire ?
C'est ce que j'aurais voulu lui dire, mais encore une fois.... pas les mots.
Bref.
Je lui fais un sourire de complaisance ne sachant pas quelles sont ses intentions et je file.
Et je croise qui ? Encore un mec qui dévie sa route pour me murmurer un truc du genre "¿como estas mi amor?" Je t'en foutrais !
Là, franchement, je m'arrête, je regarde les gens autour de moi, je me regarde et je hurle "qu'est ce que j'ai ? Je suis en tenue de sport (ok ce n'est pas une tenue de camouflage mais quand même!) ! Qu'est ce qui fait que je suis sans cesse l'attraction de la rue?"
En français.
Tout le monde profil bas. Ou alors me prends pour une folle.
Voilà pourquoi je suis à bout sur les chiliens. "moi d'abord" + mâles constamment en ruth (hahahaha, ruth, RUT), quelle image je dois avoir des gens que je croise chaque jour ?
Je suis heureuse de ne plus être en France, j'aime ma vie au Chili, je ne suis pas du genre à me plaindre (en tout cas c'est pas l'impression que je me donne lol) pourtant, j'ai l'impression que depuis que je suis ici, je ne fais que ça.
Une copine me dit qu'elle comprend tout à fait mon sentiment et que, elle, ça lui a apprit à se défendre et à défendre son bout de gras.
C'est ça vivre en communauté ? Franchement Génial !
Pour le coup, je préfère mon microcosme parisien.

NOUVEL AN - SUITE ET FIN

Nous sommes en train de danser. Tout va bien.

Au fond quand on y pense, nous sommes des privilègiés. Nous sommes en un endroit idyllique, avec un temps idyllique. Un feu d'artifice parfait. Une soirée parfaite. En plus, j'ai la chance de rencontrer un couple très sympa avec qui nous faisons la causette. Je flashe sur elle, elle porte le même prénom qu'une très bonne amie de ma soeur cadette, et qui vit sur le même continent (Argentine).
Je rigole, je danse. Je change de paires de chaussures constamment parce que j'ai mal aux pieds, mais en même temps je n'arrive pas à danser en plat lol. C'est parfait. Roberto ne cesse de se faire brancher par tous les gays du coin. Aucun n'est à son goût. Jules pareil. Lui c'est plus "violent" il me présente comme se femme et ça règle la chose en deux temps trois mouvements.
Il est environ quatre heures. Il fait soif, mais comme nous l'avons décidé auparavant, nous nous la faisons soft... Pas d'abus. Les verres sont trop "pleins" d'alcool. J'ai soif, Jules également. Il part nous chercher des cocas. Pour finir la soirée en beauté. Ou plutôt, pour la finir le plus tard possible.
En l'attendant, je danse, je fais connaissance avec de nouvelles personnes (les chaussures, bonne entrée en matière hihi), à ces nouvelles personnes je leurs dis que mon mari va arriver et que je me tarde de leur présenter. Mais Jules tarde.
Les filles commencent à croire que je mens et que je ne veux que leur piquer leur mec (ce que je comprends aisément). Séance d'au revoir assez poli, mais définitif. (dommage, mais je comprends).
Je fais connaissance avec des nouvelles personnes en me disant que Jules en met du temps. Pas d'inquiètude, il a du aller aux toilettes avant de prendre les cocas. Je fume un xxx, le premier depuis des lustres et... coup de tel (le réseau est enfin revenu!).
Roberto : Jules est à l'hopital, il faut qu'on le rejoigne.
Coup sur coup je reçois un coup de tel de Jules qui confirme.
Mes nouveaux potes aux oubliettes, je dis au revoir à mon couple fétiche complètement catastrophée. Certains mauvais souvenirs me reviennent en mémoire... mauvais signe.
Roberto m'explique la situation : Il y a eu une bagarre entre Jules et un gars. Jules est ratatiné, l'ambulance l'a amené à l'hopital.
Taxi pour l'hôpital public.
Nous arrivons, Roberto essaie de leur dire pourquoi nous sommes là. Je ne comprends rien au Chilien, je suis trop en stress. Je commence à m'énerver, à parler fort, ce qui ne se fait pas (évidemment tout le monde, et il y a du monde, me regarde bizarrement. Je m'en fous, je veux voir mon mari et savoir ce qu'il s'est passé. Surtout, je veux savoir comment il va). Et pour une raison qui m'echappe, ils ne laissent entrer que Roberto. La femme ici ? Ils s'en foutent !!!
Je me résigne, j'en ai marre. Je vais pour me fumer une clope et voilà que je vois mon mari et Roberto sortir des urgences. Jules a la tête d'Elephant man, il saigne, et il a des bosses.
Je ne pose pas de questions c'est pas le moment, nous cherchons un taxi pour une clinique, parce que à l'hôpital, mon Jules n'a pas été soigné. C'est à peine si il a eu un glaçon pour "côtériser" (ortho ???) les plaies, et puis il paraît que c'était loin de respecter les mesures d'hygiène.
Heureusement, j'ai une petite robe sympa et je porte mes talons qui fait s'arrêter le premier, sans doute le seul, taxi de la ville. 10 000 pesos ou il nous laisse sur le trottoir. Tu crois que je réponds quoi ? C'est du vol à l'arraché mais je prends, personne ne sait ce qu'a Jules, il faut filer dans une clinique. Mais le taxi, comme une grande partie des taxis que j'ai rencontrés au Chili, ne connait pas la "route" pour aller à la clinique la plus proche (et je paie ça 10 000 pesos ?), il me propose de chercher dans la ville (que nous ne connaissons pas) et de voir ce qu'il se passe.
Oui ok, mais qu'est ce qu'on fait de Jules qui pisse le sang ?
Heureusement ! J'ai un pote (le fils de Marina) qui est dans les parages et qui connaît bien les parages... Il me conseille un truc hors de la ville. Le taxi dit ok, mais c'est 15 000. Je ne regarde pas à la dépense. Je prends. Je suis dég, mais je prends. Lui au moins aura gagné sa soirée !
Nous arrivons aux urgences. Jules est tout de suite pris en charge. Jules prend ça à la rigolade comme il sait bien le faire tandis que moi je ne desserre pas les dents.
Jules me raconte son anecdote. Tout simplement, un type veut lui piquer son tour et voyant qu'il ne réussit pas, dit des trucs pas sympas que Jules ignore.
Une fois, deux fois. Jules se retourne pour lui dire de cesser, le type ne comprend ou ne veut pas comprendre. A la troisième Jules le pousse et lui dit "c'est bon maintenant, ça suffit tes conneries" il n'a pas le temps de finir sa phrase qu'il se prend un gnon dans la figure, deux gars le retiennent, l'autre s'acharne, Roberto intervient pour le retenir, Jules essaie de frapper le gars et c'est Roberto qui se prend le coup de poing dans la figure.
Comment l'autre gars s'est enfuit, je ne sais pas. Pourquoi deux gars l'ont retenu, je ne saurais jamais. Et que faisait la police ??? Encore une autre question en suspens.
Résultat ? 7 points de suture (le gars devait avoir une bague ou quelque chose comme ça), des yeux de "mapuche" (raton laveur), et dix jours d'arrêt.
La secrétaire est éffarante d'incompétence : Roberto veut payer avec un des chèques qu'il a reçu récemment mais ce n'est pas possible parce que pour sa comptabilité c'est dérangeant.
Ce qui est dérangeant, c'est que nos moyens de paiement sont à l'hostal, parce que nous n'avions pas prévu de telles dépenses et que c'est Roberto qui doit payer pour nous. Bref...
Le fils de Marina vient nous chercher, heureusement parce que dans le trou perdu oú nous sommes, il n'y a pas de taxi, même pas en service commandé.
Nous rentrons à l'hostal.
Il est six heures du matin.
Nous avons tenu toute la soirée. Bien tard. Mais pas tout à fait comme nous le souhaitions !

03 janvier 2007

NOUVEL AN - 1ÈRE PARTIE

Nouvel an au Chili : il fait chaud, il fait beau, les peaux sont bronzées ; c'est le pied!
Jules et moi nous avons décidé d'aller sur la côte (oui encore, mais il faut nous pardonner, la côte, c'ets à une heure et demie de Santiago lol), il y avait une super soirée d'organisée, la meilleure pour ceux qui aiment l'electro, et nous comptions bien faire partie des participants.
Evidemment, les préparatifs ont été compliqués, qui vient, comment, pourquoi, combien ça coûte et tout le bazar. Et évidemment avec toutes ses hésitations, nous avons failli râté le coche (à savoir que choisir d'aller à Valpo pour nouvel an est un travail de grande envergure, il faut s'y prendre à l'avance, il paraît même que certains s'y prennent un an à l'avance. Bref...) : heureusement, Jules est tenace! le 31 au matin il a réussi à trouver la seule voiture de location qui restait à Santiago. Ouf!
Jules, Roberto et moi, sommes partis le coeur léger, les cheveux aux vents en fin d'après midi.
Les chambres de l'hostal (auberge de jeunesse / maison d'hôtes) étaient propres, belles, saines : parfaites (Jules et moi avions peur d'avoir le même type de déconvenue qu'à Mendoza!). Petit repas à Viña del Mar et hop, nous nous sommes mis en route pour Valparaiso. Nous avons d'abord pensé à prendre le métro, qui était fermé, puis le taxi, qui voulait nous prendre 15 000 pesos pour un trajet qui faisait à peu près 3 km! donc nous avons fait comme tout le monde, nous avons pris le micro (bus) qui nous a coûté 400 pesos par tête...
A savoir que nous ne prenons que rarement le bus, Jules et moi, enfin surtout Jules, parce que les conducteurs sont des fous furieux, mais pour le coup c'était amusant.
Nous arrivons à la fête joyeux comme c'est à peine permis, j'ai acheté des cotillons pour l'occasion. La fête a lieu sur le port, une partie du port. Deux ambiances sont prévues, de loin je vois les bars qui ont été prévus, je me dis que c'est de la folie, autant de bars pour autant de gens. Je salive d'avance, je sais que la soirée va être bonne. Un nouvel an comme je n'en ai jamais eu. Nous nous dirigeons vers la mer, le plus prés possible des barricades pour être certains que nous verrons le feu.
L'attente est excitante. Comme des gamins nous sommes impatients. Nous nous regardons avec des gens que nous ne connaissons pas, comme si nous étions tous de connivence. J'essaie d'appeler ma famille, mais depuis plusieurs heures c'est comme si le réseau était déjà saturé. J'insiste. Ma famille, ma meilleure amie ! Je ne peux pas passer nouvel an sans les avoir eu au tel ?!!! J'ai une de mes soeurs... Je suis heureuse comme jamais.
Puis enfin, j'ai l'autre. Enfin, son répondeur !
Saskia ? Je n'arrive qu'à avoir son répondeur. Elle aussi.sik
Les aléas de nouvel an. J'aurais tous les gens que j'aime au tel plus tard. Je décris malgré tout à la messagerie vocale de Saskia, ce qu'il se passe. Cependant, ce n'est pas pareil.
Compte à rebourg : 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1...
Pas de lancé de fusée... Nos montres doivent être en avance lol
Enfin, la première fusée... Tous, nous sommes en transe. Les cotillons virevoltent de partout. Les cris, embrassades, les vrais bisoux...
Nous sommes tous heureux comme si... je ne sais pas. Une vraie joie, une minute oú nous sommes tous réunis par cette même joie d'entrée dans une nouvelle année.
Comme si nous fêtions notre vieillesse aux aguêts. Etrange.
Le Feu d'Artifice ?
Un miracle ! D'une beauté sans pareil.
Ils avaient promis qu'il serait beau.
Ils ont tenu leur promesse.
Je n'aimais pas les feux avant. Un mauvais souvenir.
Cependant, cette fois, c'est différent... Pas d'histoire dont je me fous éperduement, pas de symbole. Juste un feu, des FEUX, des lumières dans le ciel, comme je n'avais jamais vu.
Nous étions sur la baie, comme beaucoup de chiliens à cette heure là, et il y avait quatre feux, quasi identiques qui se révélaient. Quatre feux, pour que tout le monde puisse voir.
C'était parfait.
Je suis redevenue aficionada des feux d'artifice. Mais seulement de ceux là. Ceux de mon enfance quand j'y pense....
Au bout d'une demie heure, c'est terminé. Je sens que j'ai les yeux d'une enfant éblouie, je regarde mon amoureux : lui aussi.
Je crois que nous reviendrons.
Nous redescendons vers les pistes de danse, et un des bars... A savoir qu'au Chili, quand tu demandes une vodka orange, tu as la moitié de ton verre énorme qui est remplie par la vodka, parfois les trois quart, et l'autre moitié par le jus d'orange. Nous jugeons plus prudent de ne pas trop consommer. La nuit est à nous et nous voulons qu'elle dure le plus longtemps possible.
Jules, Roberto et moi choisissons notre boisson (pas de champagne) et nous nous dirigeons vers la piste de danse : electro.
Beau temps, feu d'artifice sublime, boisson à volonté, musique parfaite.
Comment ai-je pu passer nouvel an d'une autre façon ?

22 décembre 2006

BELOTTE ET REBELOTTE

Pourquoi il m'arrive toujours des trucs incroyables ? Je croyais que ça se réglerait en arrivant au Chili, et bien non ! J'ai encore des "anecdotes"...
Hier je me suis mise off. Pas envie de courir dans tous les sens, et puis je réalise enfin que c'est la période des fêtes (à peine, la folie de noël ne m'a pas encore sautée dessus) donc je me dis que ce n'est pas la peine d'en faire trop.
Je décide de me chouchouter toute la journée. Soins du corps et tout ce qui va avec. Je suis vraiment contente.
Vers 16 heures, je vais faire une petite sieste pour être en forme (on avait un cocktail le soir), 17 heures, je me réveille avec le début d'une bouche en canard.
Je prends un médoc tout de suite, pour enraillée la chose rapidement : il ne reste plus que deux heures avant le cocktail, pas envie d'être l'attraction du soir.
17 heures 30 la bouche en canard est revenue.
18 heures je décide que l'on annule le cocktail et qu'il faut filer à la clinique : ma bouche a triplé de volume, et me fait si mal que j'ai l'mpression d'être une plaie ambulante.
J'attends mon Jules parce que je ne veux pas y aller seule cette fois.
Evidemment tout ne se passe pas rapidement, Jules a des coups de soleil qui lui font très mal depuis que nous sommes partis sur la côte ce week end. Avant que l'on file, il faut qu'il mette de la crème, mais c'est si douloureux que ça prend vraiment du temps.
On stresse tout les deux.
Donc dans le taxi, c'est la dispute du siècle (le taxi ne connait pas le chemin - Un comble! - il fait n'importe quoi, Jules me demande comment on fait pour y aller - comme si un jour j'avais eu le sens de l'orientation ? - je ne sais pas, il ne sait pas, bref... c'est le bordel) on se dispute jusqu'à ce qu'on arrive dans l'enceinte des urgences)
Arrivés aux urgences, Jules et moi nous ne nous adressons pas la parole, et cette fois, je ne suis pas tout de suite prise en charge, nous ruminons chacun de notre côté: Je suis certaine que c'est drôle à voir de l'exterieur.
Quand enfin un interne se décide à s'occuper de moi, le calme est revenu entre Jules et moi.
On m'injecte le médicament salvateur et je commence à dégonfler.
Je commence seulement. Parce qu'au bout de deux heures, c'est toujours douloureux.
Tout le personnel médical s'occupe parfaitement de moi, température, tension, et tout le tralala, tout va bien. Sauf ma bouche qui refuse de dégonfler à partir d'un certain point.
Et me voilà repartie pour une seconde injection. Elle me met KO, plus vite que n'importe quel somnifère.
Changement de personnel. Le premier médecin part relativement inquiet (pas rassurant dans le genre), pour ne pas trop montrer son inquiètude, il me dit qu'il aurait quand même bien voulu me voir avec mon vrai visage (hahahah). Moi aussi, j'aurais voulu qu'il me voit avec mon vrai visage !
J'ai peur de ne pas pouvoir rentrer à la maison.
Le second médecin est un bout en train, il me demande si j'ai fait des injections de botox. Là, nous rions franchement... j'aurais préféré quoique je ne pense pas en avoir besoin.
Il est minuit. J'ai dégonflé, mais vraiment rien de comparable à la première fois que je suis venue. J'ai encore un peu mal.
Le médecin nous explique que pour le moment c'est mieux de rentrer à la maison, que normalement les médocs agissent tout de suite, mais que dans certains cas ça peut mettre 8 à 12 heures. Je suis dans ce cas.
Il me prescrit un médicament, Jules demande si ce n'est pas dangereux de rentrer comme ça, est ce que ça ne peut pas se propager sur tout le corps notamment au niveau de la gorge (mortel), mais il nous rassure, dans mon cas, je ne risque que d'avoir des engiomes (je crois que c'est le terme, mais comme à ce niveau je ne suis pas performante, je ne peux pas le garantir bref....) seulement au niveau de yeux ou de la bouche : " c'est moche, mais ce n'est pas dangereux". Merci ! Je suis contente de savoir que même le médecin trouve que je ressemble à bozzo le clown !
Pour le reste pas de souci à se faire.
Cependant, si de nouveau je gonfle, je dois retourner illico prestissimo aux urgences.
Génial. Pourquoi moi ?
Il nous conseille un immunologue, ça tombe bien, c'est le même que celui qu'on nous avait déjà conseillé, le meilleur paraît-il, mais qui est en congé jusqu'à mi janvier.
Et nous rentrons á la maison.
1 heure du matin.
Ce matin, je me suis réveillée avec un bouche beaucoup plus normal qu'hier à minuit, mais c'est pas encore ça. Je dois surveiller tout ça de très près.
J'ai pris mes médocs. Et depuis j'attends.
Entre temps, Jules m'appelle et m'explique que notre ami (à peu près le même âge que moi) qui lui aussi a ses allergies, n'était allergique à rien avant d'arriver au Chili, que l'allergologue a mis beaucoup de temps à trouver de quoi il s'agissait : le gazon chilien !
Tu m'etonnes qu'il ait mis du temps...
Pourvu que pour moi ce ne soit pas un truc dans le genre.
lol

12 décembre 2006

UNE NUIT EN ENFER

Je ne sais pas si vous avez vu le film... mais c'est vrai que c'est assez comparable (je parle du film avec Tarantino et Clooney, pas de celui avec B. Willis lol)
Les Pro-P ont n'ont cessé de scandé des slogans dont je ne veux pas connaître la signification de la journée. Du moment oú l'on a annoncé la mort du "général" ils se sont réuni en bas jusqu'à... C'était bien ça la question! Ils n'ont jamais désempli! De jour comme de nuit, ils étaient lá à demandé des funérailles nationales. Depuis quand on donne des funérailles nationales à des gens qui sont accusé de crime contre l'humanité ? Sans parler du reste!
Et bien non, tous ces imbéciles réclamaient et louaient leur seigneur. Nous avons eu droit à tout. Dans la journée j'ai eu droit à des chants religieux, et des morceaux militaires (Wagner ?? lol) entre les deux , les slogans avec tous les trois mots "Pinochet", le bras en l'air, à la limite du salut hitlérien. A la limite.
A 8 heures, nous mettons un film à fond, histoire de ne pas entendre leur bêtise. A 11 heures, deuxième film, dans l'espoir fou que l'excitation perdrait de l'envergure avec la nuit qui s'avançait.
ERREUR!!!!
A deux heures, c'était le concert de klaxons musicaux (le parrain, parfois ils sont cons!).
Nous nous sommes quand même couchés, avec des boules quiès. Rien á faire.
Les sloggans, les klaxons. Les drapeaux ultras qui s'agitaient (je ne les voyais pas de mon lit, mais je les imaginais très bien pour les avoir vus toute la journée!).
J'ai eu des envie de meurtre... Une telle rage chez moi est assez rare. Je peux être fâchée, en colère, tout ce que tu veux. Mais là, j'ai vraiment eu des envie de meurtre. J'ai rarement été dans cet état là. J'essayais dans mon faux sommeil de me rappeler comment on faisait des cocktails molotov, d'imaginer comment je pouvais lancer des oeufs pourris sans me faire voir, comment faire brûler les voitures de tous ces imbéciles.
Ça faisait plus de 24 heures que je les supportais et que je n'en pouvais plus. C'était d'autant plus angoissant qu'ils me faisaient pensé à la jeunesse hitlérienne. C'est ça qui me rendait folle, je crois.
Sans parler du fait que personne ne faisait rien pour les arrêter. Mes potes chiliens qui était à Alameda pour fêter la mort de Pinochet se sont pris des lacrimo dans la figure.
Et eux, ces bons à rien qu'à porter des Gucci qui lèvent le bras comme dans les années 40 en Europe, et on ne fait rien. Deux poids deux mesures!!!
Bref, ce matin, je me suis réveillée de très méchante humeur. Obligée en plus de me lever pour assister à une avant première pour le journal. Quand je suis sortie pour aller au "travail" un carabineros m'a pris en charge parce que les taxis ne voulaient pas m'emmener au Cinema : le chemin devait passer devant les fous furieux.
(il y a des gens vraiment super au Chili hihihi - sauf les cons que je ne cesse de fustiger depuis 24 heures! mais eux ils ne comptent pas).
Avec Jules, on s'est dit que si ils recommençaient leurs imbécilités, on trouverait des mesure de rétorsion (et j'ai eu le temps d'y penser pendant la nuit).
Heureusement, pour tout le monde - je me voyais bien en train d'expliquer aux carabineros que j'avais mis le feu à une voiture parce que je voulais juste dormir... lol - deux nuits et demi blanche ça aurait vraiment été de trop!

11 décembre 2006

CA CONTINUE

Nous avons peu dormi.
Les partisans chantaient à la gloire de l'ancien dictateur, il y avait moins de klaxons, mais c'est quand même eux qui nous ont réveillés ce matin à l'aube.
Ce matin, j'ai ouvert les rideaux pour faire "l'état des lieux". J'ai été surprise de constater que des gens avaient monté des tentes devant l'école militaire (pour quoi faire ?), et que les militaires (ou les carabineros) avaient mis en place un dispositif pour que les pro puissent saluer une dernière fois leur leader. Beaucoup de gens attendaient et attendent toujours.
Effrayant.
Au moins c'est un peu plus calme. Il n'y a plus de chants ou d'excitation particulière, on est dans le recueillement.
ouf...

UN MOMENT HISTORIQUE

C'est du Live live!

Nous ne sommes pas au bon endroit... Nous vivons du côté des riches, en face de l'école militaire comme je l'ai déjà mentionné, du coup, nous avons tous les pro-pinochet sous nos fenêtres.

J'aurais voulu être autre part, surtout ne pas vivre là. Ne pas entendre ces gens (très riches, très revendicateurs - certains veulent même le deuil national !!???) scander que Pinochet était un leader innocent, pas un dictateur et qu'il n'a fait que du bien à son pays. Que savent-ils des morts et des tortures ? Des personnes qui ont disparues ? Ce n'est jamais arrivé?

En fin de compte, le spectacle est navrant. Tous ces gens qui croient, qui ne savent pas. Ou alors qui savent mais qui préfèrent penser à leur fortune. C'est navrant de lui allumer des cierges, tout comme c'est navrant de se coller la photo d'un dictacteur sur le T-Shirt, c'est navrant de brandir des photos de "l'homme" en homme d'état. De vieilles femmes pleurent le "Général", les gens klaxonnent en sont honneur (je crois vraiment que je ne vais pas dormir cette nuit!) à sa gloire... Quelle merde.

Le plus drôle c'est la différence de traitement dans les médias. Il faut savoir que les médias sont détenus par les grands groupes économiques qui, évidemment, sont pro. Alors on parle de ceux qui se "réjouissent" de la mort du dictateur comme de délinquants (encapuchados) qui ne cherchent qu'à faire la pagaille (l'armée, pas indépendante non plus, les a dispersés à coup de lance à eau et de bombe lacrimo - la lacrimo n'a pas été mentionnée dans les médias, je le sais parce qu'un pote est allé au défilé anti) et on montre bien ceux qui sont en train de s'enflammer en bas de chez moi, ils pourraient être violents eux aussi, mais personne ne pensent à les disperser ceux-là!
Enfin, il nous fait quand même un beau cadeau l'ancien dictateur : mourir le jour de "la journée des droits de l'homme" (et accessoirement, le jour de l'anniversaire de sa femme...)
QUEL SYMBOLE!!!!

10 décembre 2006

UNE PAGE DE L'HISTOIRE SE TOURNE

Pinochet est mort...
Jules et moi habitons juste en face de "l'Escuala Militar" haut lieu de Pinochetisme.
Dans l'heure qui a suivi l'annonce de sa mort, nous avons vu la télé débarquer : une camionette avec une antenne géante, des cameraman, des photograhes et quelques badots.
Depuis l'annonce de sa mort, des voitures klaxonnent dans tous les sens (pourquoi avons nous choisi d'habiter à Ecole Militaire je vous le demande ??? Je rêvais de calme, mauvais choix lol)....
Je suppose que dans quelques heures, les chaines internationales vont débarquer puisque le corps de Pinochet va être transféré dans la nuit à l'Ecole Militaire, et sera inhumé dans le coin.
Je vous tiens au courant...

09 décembre 2006

LE CHILI NE M'AIME PAS...

ou alors c'est mon corps qui n'aime pas le Chili...
Depuis notre arrivée, j'ai plein de petits désagréments pas vraiment génants : genre, petits boutons dus à on ne sait quoi, des irritations sans conséquence, des piqûres de bêtes qui me font des plaques pendant une heure, une perte de cheveux conséquante (il paraît que c'est normal, ce qui ne m'a pas empêché de flipper)... enfin bon des petites choses de rien qui rythmaient ma vie.
Et puis, mercredi, je me suis levée avec un petit gratouillement entre la bouche et le nez. Comme d'habitude, pas d'inquiètude particulière. Je prends ma douche, et je me dis que ça me gratouille quand même un peu beaucoup. Je vais me voir dans la glace... J'ai la bouche d'Angelina Jolie : en canard (attention j'adore Angelina Jolie, cependant je trouve qu'elle a une bouche de canard). Bon... Je rigole, j'examine ; effectivement, ma lèvre supèrieure est bien enflée. Je me dis que je vais voir ce que ça donne en fin de journée. Je pensais que ce serait comme d'habitude, un truc de rien.
Alors je fais ma petite vie, je déjeune avec une copine, qui pense comme moi que ça va passer, je fais du shopping, je ris intérieurement quand les gens me regardent de travers et se disent que j'ai un peu abusé sur le colagène (chose courante au Chili, le colagène, pas l'abus :) ).
En fait, j'oublie complétement cette histoire de bouche en canard, je me réjouis, je suis chez Zara et je fais des essayages et je réalise que je fais du 40! Ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps... Je me dis qu'il ne faut qu'un effort de plus pour que je revienne au 38 de mes 25 ans. Je me dis que la journée n'est vraiment pas perdue.
Je rentre à la maison, il faut que je prépare ma rubrique, et puis ensuite j'ai mon cours de conversation...
Sauf que j'arrive à la maison, je ne sais pas ce qu'il m'arrive, je suis sur les rotules, comme si j'avais passé ma journée à courir dans tous les sens. Je fais quand même ma rubrique, mais j'annule mon cours de conversations. Vraiment trop fatiguée.
Jules sort boire un verre avec un copain, quand il rentre je somnole devant la télé. On papote un coup et je réalise que j'ai mal à l'oeil. Je vais voir ce que j'ai, mon oeil est en train de gonfler (je vous entends dire : "quoi Jules n'a rien vu ! non mais quand même." Ben non Jules n'a rien vu, c'est un homme. Il a fallu que lui montre ma bouche d'Angelina Jolie! Et puis avec un verre dans le nez... lol Oui, je suis un peu méchante hihihih). Là , je commence à paniquer. La bouche plus les yeux, ça commençait à faire beaucoup.
Jules me dit de ne pas en faire un plat, on voit le lendemain ce que ça donne au réveil.
Le jeudi au réveil ? C'est pire. Comme si Jules m'avait cogné toute la nuit. Je commence á appeler les médecins français, mais c'est vrai qu'à 8 heures du matin peut de médecins sont à leur cabinet et ils ne répondent pas à leur portable.
9 heures. J'arrive enfin à joindre un médecin. Pas de bol, il travaille à l'hopital toute la matinée, et ne peut me recevoir dans l'après midi et c'est son dernier jour au Chili. Grrrrrrrr
J'appelle, j'appelle... je perds patience.
J'appelle maman qui me dit de filer à l'hôpital d'urgence. Il va falloir que je sorte ? Avec ma tête ?
Entre temps Jules file au boulot. Je suis déjà fatiguée, je voudrais me recoucher.
Jules m'appelle quelques minutes après être arrivé au taf, sa voix inquiète : "tu vas à la Clinica Alemana, maintenant, tu ne perds pas une minute"
Moi : Qu'est ce qui t'arrives? Oui, je vais aller à l'hopital, mais bon , je ne suis pas à une minute près...
Je passe les détails, mais maman, ma soeur, et mon Jules sont inquiets comme c'est à peine permis (ils pensent à je ne sais plus quelle allergie qui empire très vite et qui peut être mortelle). Devant leur inquiètude, je m'active. Et je me résigne à sortir avec cette tête là.
Evidemment, c'est quand on est le plus pressé que rien ne se passe comme d'habitude. D'habitude, je descends de l'appartement, sors de l'immeuble et lève le bras, un taxi s'arrête dans les dix secondes. Jeudi, pas de taxi! J'attends comme une andouille avec mes lunettes de soleil sur le nez pour ne pas faire peur aux enfants, et pas de taxi!
Quand enfin, un taxi vide s'arrête, je lui indique l'adresse, il me répond "vous connaissez le chemin parce que moi je ne le connais pas?" J'hallucine!
Je descends du taxi, et cherche un autre taxi. Dix minutes d'attente... On se croirait à Paris.
J'arrive enfin à la Clinica Alemana.
Moi, les hôpitaux, c'est vraiment pas mon truc, je ne sais pas comment on fait, je ne sais pas ce qu'il faut faire. Bref.
Je vais aux "informations". La fille saura me renseigner.
Ce qu'il y a de bien avec ma particularité, c'est que je ne passe pas inaperçue, les gens viennent à moi très facilement, par curiosité souvent. Du coup, la jeune femme des renseignements et le monsieur de la sécurité sont tout à moi. Quand je leur explique ce que j'ai, et que je leur montre ma figure, le gardien et la fille des renseignements éclatent de rire (au moins je sers à quelque chose sur cette terre lol), mais bon, ils ne me dirigent pas vers le bon service, et je perds un temps "précieux".
Aux urgences, on s'est occupé de moi en 10 minutes top chrono. Rien à voir avec les urgences en France. Cependant, je ne vais pas faire de vraie comparaison ce serait ridicule, parce que même si on s'est super bien occupé de moi que j'avais l'impression d'être une reine, le "service" que j'ai eu n'est pas à la portée de tout chilien. À la portée d'un cinquième des chiliens, je pense. C'est dans ces moments là que l'on sait qu'on est privilégié.
Enfin bon,... On m'administre un médicament qui fait tout dégonfler en deux heures. Mon visage ressemble de nouveau à quelque chose lorsque je sors de la Clinique. Et je suis bien contente.
J'arrive à la maison sur les rotules. Je ne comprenais pas pourquoi le médecin voulait que quelqu'un vienne me chercher, mais je réalise vite que le médicament fatigue beaucoup. Je m'allonge sur le canapé et m'endors tout de suite. Quand je me réveille, j'ai l'impression que l'on m'a administré de la morphine!! Une chappe de plomb sur tout le corps. Et je transpire comme si j'étais en manque...
Super Glamour!!!!
Voilà pour mon allergie.
Prochaine étape : aller chez l'allergologue et trouver la cause de l'allergie, parce que je ne compte pas avoir cette tête tous les quatre jours!!!1
:))))